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« Récits d’Yves » |
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Ecrites par Matrat, chansons d’ici
et de toujours, de maintenant et d’ailleurs, plus… une visite
à quelques vrais poètes, jamais aux beaux parleurs…
et la tournée offerte au blues, au jazz, au rock, sans oublier
celle de la table à Georges, Jacques et Léo !
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« Chansons autour d’une
table » |
Bienvenue en terrasse :
"Quand j'arrive
à la terrasse de cette brasserie, c'est bien rare que j'y reste
seul plus d'une seconde. Vettraino est déjà là,
à tripoter du piano. Son histoire avec Agathe m'amène
à parler d'Augusta, la petite fille du père Renoir que
j'aime à sentir dans mes bras. Notre causerie intéresse
les gars de la table à côté: Brassens s'en tient
à sa bougresse, Ferré à une môme déjantée;
pour Brel c'est forcément plus délicat, y a sa femme et
son amant, y a son flingue et son tourment, bref y a tout un pataquès
auquel vaut mieux pas se mêler. Tandis qu' à la table à
côté le grand Hugo manie la cloche pour sonner son Quasimodo;
Baudelaire fait la « catamoche », son albatros a pris le
bateau...
Il n'y a guère qu'Apollinaire pour pleurer quelque Margot disparue
dans le désert de la jalousie sans un chapeau. On n’avait
pas vu Frier caché dans sa contrebasse, faut dire qu'il en a
pris une telle hier que son audace a marqué le pas. Bref, on
peut se retrouver tous les trois, de quoi rouler nos mécaniques,
de quoi rocker ce que dans nos tripes on a de plus rouge et de plus
bleu.
On part s'incruster à la table qui nous sert toujours des racines,
y a là Muddy et son verre d'eau..., Robert, sa bouteille de Johnson
pas piquée derrière un fagot... et le grand Keith, ce
vieux Richard qui sait même jouer du Facto. Ensemble on réveille
Bruand, Carco, Gainsbourg et même Chopin… et on entonne
ces vieux refrains qui sont Agiles comme au Lapin. Quand on se retire
de la terrasse après avoir dûment réglées
toutes nos vertus consommées, la clientèle demande un
bis, et plus...si affinité!"
Yves Matrat
J’ajout’
ici que les trois lascars
Comme dans l’cliché de Jean-Pierre Leloir,
Aient envie de mener la danse
Avec des beautés qui s’avancent…
A moins que le cœur
Chaloupé,
C’est d’amitié
Qu’ils s’entretiennent…
Tout en pudeur.
Quand ils prennent le mal du pays,
Léo se précipite à Ostende,
Jacques aux quat’ vents du plat pays
Et Georges va faire des graffitis
Sur les écorces de son vieux tremble….
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Le coin Presse : |
Matrat tient Chorus en haleine ! (le
01/12/07), par Michel Kemper :
«On fléchera» m’avait dit
Patrick Gallo, le responsable de la programmation culturelle de Mably.
Et y’en a besoin, difficile qu’il est de se diriger dans
cette petite ville de l’agglomération roannaise, d’y
trouver son chemin. Mais, franchement, voir de si beaux panneaux indicateurs,
bien calligraphiés, ça en jette de suite.
«Chorus, salle Pierre-Hénon» que c’est mis
dessus. Et ça classe. Facile, avec de telles indications de
trouver la salle... En haut des gradins, toute la fine équipe
d’Amélie-les-crayons, de retour de Paris-Normandie. Paris
où ils étaient hier matin, pour recevoir le Grand Prix
Charles-Cros... Au fil de l’après-midi, ils arriveront
tous, les uns après les autres. Sauf Fred Radix, en pleine
séance d’enregistrement au Studio E, d’Écotay-l’Olme,
le «studio des Mickey 3d», à mi-chemin entre Sainté
et Roanne. Manque aussi Yves Matrat, qui nous vient de Givors. Rémo
Gary arrive avec son nouveau double CD, un bijou dont la pochette
est dessinée par Tardi... Le temps passe, des chansons nous
viennent des balances. Lalo, Amélie, Nawo… c’est
joli. Déjà des spectateurs arrivent. L’un d’eux
vient de Nancy. On sympathique autour d’un verre.
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Yves Matrat n’est toujours pas là. Coup de fil : il met
son bénard et arrive. Faut bien compter une heure trente entre
Givors et ici, plus avec le brouillard. C’est pas grave, on change
l’ordre de passage, il clôturera les festivités,
juste avant la chanson... commune choisie entre Rémo et moi :
«Le temps de cerises». Michel Grange donc sur scène,
voix veloutée et textes de toute beauté. Puis Matthieu
Côte, qu’on ne peut pas tenir en laisse. Matthieu a un côté
chien fou qui fait merveille. Et Rémo, dont les trois chansons
sont tirées de son double et nouvel opus. Que dire de Gary ?
Rien, on admire et on applaudi. Entracte et économie du disque...
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Matrat n’est toujours pas là. On ne s’inquiète
pas encore, il a le temps pour lui. Reprise avec Nawo, et c’est
une bonne surprise que ce petit jeune dans sa chanson délicieusement
folk-song... Fred Radix et Amélie-les-crayons. Superbe. Ça
va être au tour de Matrat mais Matrat n’est pas là.
Encore une chanson du Radix (une seule) et une autre d’Amélie
(une seule aussi) et faudra bien se rendre à l’évidence
qu’on est en déficit d’un artiste. Je sors mon portable
et m’apprête à… «Tiens, salut Yves, mais
qu’est-ce qui s’est passé ?». Matrat est là,
devant moi, devant Gallo, Matrat qui s’est trompé de sortie,
puis en a encore loupée une. Dans le brouillard ça se
comprend. Il a presque visité tout le Massif central avant d’arriver.
«Bon, c’est pas ça mais dans quatre minutes au plus,
t’es sur scène, mon gars !». Lui et son pianiste,
Stéphane Vaîtraino, n’ont le temps de rien qu’ils
se retrouvent sur scène et c’est là, sans doute,
que se trouve le plus beau, le plus grand moment de la soirée.
Un Matrat fou, génial, déjanté, en pleine forme,
qui rue, qui chante, qui éructe, qui rocke comme c’est
pas possible. C’est le grand de chez Factory et plus encore, trente
ans de scène au bas mot.
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C’est magique, on est tous là,
dans les coulisses, à l’admirer, à vouloir qu’il
reste en scène tout en se disant qu’il faut intervenir,
l’arrêter, respecter le timing. Au bout de quatre titres,
on monte tous, Amélie et Fred, Lalo et Christopher, Michel et
Nawo, Matthieu, Rémo, les musiciens et moi. Je distribue les
feuilles de pompe, c’est «Le temps des cerises» et
tous, on chante. Et c’est beau. C’était la Chanson
Rhône-Alpes qui un soir, un deuxième soir, faisait Chorus...
Une fois de plus, ce sont les petits qui se le jouent collectif, qui
se saignent pour l’idée qu’ils se font de Chorus.
Moi, je suis à la fois rédacteur à Chorus et amis
de ces gens-là. Je bois du p’tit lait et me disant que
j’ai eu cette chance, rare, de vivre ça, ici à Mably,
dans cette bien belle salle.
Michel Kemper
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